Le mazout évolue ! De nouvelles solutions existent désormais : biocombustibles (EMAG, HVO, R33) ou e-fuels synthétiques, elles offrent une alternative plus durable au mazout classique. Découvrez comment elles peuvent révolutionner le chauffage sans que vous ayez à changer votre installation.
L’EMAG, un combustible durable composé d’huiles recyclées
L’Ester Méthylique d’Acides Gras (EMAG) est un biocombustible fabriqué à partir d’huiles naturelles et recyclées, comme le colza ou les huiles usagées issues de l’industrie et des friteuses domestiques. Sa composition, proche du diesel et du mazout, permet de l’utiliser pur ou en mélange, avec du mazout standard ou du mazout extra. En plus d’être renouvelable et biodégradable, il réduit les émissions de CO₂, de soufre et de substances toxiques, offrant ainsi une alternative plus propre aux combustibles fossiles.
À l’heure actuelle, l’EMAG est déjà disponible en grande quantité, mais il est surtout utilisé par le secteur des transports. Certaines familles témoins dans notre pays et ailleurs en Europe se chauffent déjà avec un mélange d’EMAG et de mazout (source : In4Fuels).
Le R33, qui réduit vos émissions carbones de 30%
Et si on vous disait que vous pouviez réduire vos émissions de carbone de 30% ? Grâce au combustible R33, c’est tout à fait possible. Le R33 est composé de 67% de mazout traditionnel et de 33% de combustible pauvre en carbone, et c’est cette association qui permet de réduire les émissions de CO2.
Le HVO, une avancée de plus
L’huile végétale hydrogénée (HVO) est une composition encore plus poussée que L’EMAG. Sa structure moléculaire étant identique au diesel, il s’associe parfaitement avec le mazout extra. Et à la différence de l’EMAG, le HVO est la résultante d’une technique d’hydrolyse (traitement à l’hydrogène) dont le but est de rendre le biocombustible plus performant. Ce procédé permet de créer un mazout extra de haute qualité, neutre en carbone et avec en prime une réduction du CO2 de 90% par rapport au mazout classique.
Une production suffisante pour répondre aux besoins
La production de combustibles liquides bas carbone présente plusieurs défis. Par exemple, le HVO est plus durable lorsqu’il est produit à partir de déchets (huile de friture usagée, déchets alimentaires…). Mais les fabricants ne peuvent pas faire concurrence avec l’industrie de l’agroalimentaire. Réutiliser les matières premières est donc privilégié par rapport à la culture du colza ou du soja (source : In4Fuels).
Plusieurs études scientifiques, dont celles de la Commission européenne et de l’Imperial College London, confirment que la biomasse disponible en Europe suffira à produire les biocarburants nécessaires, notamment pour les secteurs difficiles à électrifier comme le transport longue distance, le maritime et l’aviation. En parallèle, d’autres alternatives, comme les déchets urbains et les nouvelles huiles végétales (NVO – Novel Vegetables Oils) adaptées aux sols non cultivables, sont également à l’étude.
Les e-fuels, la création de combustibles synthétiques
L’avenir du mazout de s’arrête pas aux biocombustibles. La communauté scientifique mondiale travaille actuellement à rendre les moteurs à combustibles neutre en CO2 par la création de carburants synthétiques. L’idée est d’extraire l’hydrogène de l’eau avec de l’électricité issue des énergies renouvelables. Ensuite, l’hydrogène est combiné avec le CO2 capté dans l’air pour créer du carburant synthétique liquide.
Tout comme les combustibles biologiques, cette solution est également climatiquement neutre et utilisera les infrastructures et technologies de combustion existantes.
28 sites de production d’ici 2030
L’Europe compte 19 sites de production de combustibles liquides renouvelables et d’e-fuels, et le continent souhaiterait atteindre le nombre de 28 sites d’ici 2030. Ces sites pourraient produire ensemble 7,6 millions de tonnes de biocombustibles et d’e-fuels chaque année. Cependant, il n’existe pas de projets de ce type en Belgique, mais nous pouvons nous tourner vers les Pays-Bas et la France, qui possèdent chacun un site opérationnel. Leur nombre de sites devrait d’ailleurs doubler cette année. En Allemagne, des combustibles synthétiques sont en production (source : In4Fuels).
Ces alternatives au mazout classique, moins polluantes, sont en attentes d’un accord auprès du gouvernement fédéral pour leur commercialisation. Bonne nouvelle : lorsque ces combustibles renouvelables seront commercialisés, vous n’aurez pas besoin de changer votre installation de chauffage, puisqu’elle restera compatible !
Envie d'être informé de l'évolution du prix du mazout et de nos bons plans ?
Abonnez-vous à la newsletter de Groupasol pour ne rien manquer !
- Se connecter ou s'inscrire pour publier un commentaire